Le matin, le saumon est encore dans la chambre froide ; le lendemain, il doit arriver chez le client, à plusieurs centaines de kilomètres de là. Expédier des produits frais par colis impose donc de préserver leur température tout au long du trajet. Entre-temps, il y a l’enlèvement, le centre de tri, le véhicule de transport et la dernière tournée de livraison. Peut-être que tout se déroulera comme prévu. Mais il se peut aussi que le colis reste quelques heures de plus au dépôt.
Quiconque expédie du poisson, de la viande, du fromage, des kits-repas ou d’autres denrées alimentaires sensibles à la température doit donc aller au-delà du simple choix de la taille du carton et des frais de port. Il est essentiel que l’emballage, les éléments réfrigérants et la durée réelle du transport soient bien adaptés les uns aux autres. Un bon emballage réfrigérant ne commence pas par mettre le plus de glace possible, mais par une question simple : quelle est la température requise pour les denrées, et pendant combien de temps doit-elle être maintenue ?
Ne partez pas de la boîte, mais du produit
Pour les petits envois réfrigérés, on utilise souvent des caisses d’expédition en polystyrène. Ces boîtes en polystyrène expansé (EPS) sont légères et isolantes grâce à l’air emprisonné dans leur structure. Avant de choisir une taille, il faut toutefois déterminer ce qu’on va y mettre.
Cinq kilogrammes de poisson ne posent pas les mêmes exigences que deux petits emballages de médicaments ou un kit-repas contenant de la viande, du fromage et des légumes. Outre la quantité de marchandises, la température souhaitée et la durée du transport sont également déterminantes. Ce n’est qu’ensuite qu’il est possible de choisir les caisses en polystyrène pour l’expédition les plus adaptées en termes de volume intérieur et d’épaisseur des parois.
Il faut garder à l’esprit que « plus grand » ne signifie pas automatiquement « mieux ». Une caisse surdimensionnée crée un espace vide inutile, tandis qu’un modèle trop petit ne laisse pas de place pour les éléments réfrigérants nécessaires. Les marchandises, les agents réfrigérants et la taille de l’emballage doivent donc être considérés comme un tout.
Calculer la durée réelle du transport
Le service de livraison promet une livraison le lendemain. La réfrigération doit donc fonctionner pendant environ 24 heures ? Ce calcul est risqué.
Supposons que la marchandise soit emballée à 14 h et récupérée à 16 h. Il y a déjà deux heures d’écart entre l’emballage et le début du transport. La nuit, le colis passe par un centre de tri, le matin, il est chargé dans le véhicule de livraison et à 13 h, il parvient au destinataire. Une livraison supposée durer 24 heures peut ainsi s’étendre sur un nombre d’heures nettement plus important.
Le cas défavorable est encore plus intéressant. Que se passe-t-il en cas de retard au tri ou si le destinataire n’est pas chez lui lors de la première tentative de livraison ?
Au lieu de tabler sur le délai le plus court possible, l’emballage doit donc être conçu et testé en fonction d’une durée maximale de transport réaliste. Cette marge de sécurité peut s’avérer décisive, notamment lors des journées chaudes.
Les produits doivent être placés froids dans l’emballage
Une glacière n’est pas un réfrigérateur. Cette distinction peut sembler anodine, mais elle est importante dans la pratique. Si le poisson sort de la chambre froide à 4 °C et est immédiatement emballé, le transport commence dans des conditions différentes de celles des produits qui restent d’abord 45 minutes sur une table de travail. Le polystyrène expansé (EPS) ralentit les échanges thermiques avec l’environnement, mais ne refroidit pas automatiquement un contenu déjà réchauffé pour le ramener à la température souhaitée.
C’est pourquoi la température du produit doit être contrôlée juste avant l’emballage. De même, la glacière elle-même ne doit pas avoir été exposée pendant des heures au soleil direct de l’été. Ce n’est que lorsque ces conditions initiales sont réunies que la planification ultérieure avec des éléments réfrigérants a vraiment du sens.
Disposer les éléments réfrigérants de manière ciblée plutôt que de les répartir simplement en grande quantité
« Plus il y en a, mieux c’est » : cela ne s’applique pas forcément aux éléments réfrigérants. Si un élément congelé est placé directement contre un produit fragile, le refroidissement peut y être nettement plus intense que dans une autre partie de la glacière.
C’est pourquoi la disposition est essentielle. Selon les marchandises, il peut être judicieux d’utiliser des couches de séparation, tandis que les éléments réfrigérants sont placés, par exemple, au fond, sur les côtés ou au-dessus du produit. La solution la plus adaptée dépend du contenu, de l’agent réfrigérant et de la durée de l’expédition.
Les espaces vides méritent également une attention particulière. Si les marchandises se déplacent librement dans une boîte à moitié vide pendant le transport, cela n’est idéal ni pour la protection mécanique ni pour la protection thermique.
Un ordre d’emballage type pourrait donc se composer d’une boîte préparée, d’éléments réfrigérants, le cas échéant d’une couche de séparation, de marchandises pré-refroidies et d’autres éléments réfrigérants positionnés de manière appropriée. Ensuite, les espaces vides inutiles sont réduits et le couvercle est complètement fermé.
Paroi fine ou épaisse ? Tout dépend du trajet
Toutes les envois ne nécessitent pas le même niveau d’isolation. Pour une livraison régionale de courte durée, d’autres épaisseurs de paroi peuvent suffire par rapport à un colis qui reste en transit pendant 24, voire 48 heures.
Outre l’épaisseur des parois, la conception doit également être adaptée à la marchandise. Dans certaines applications, par exemple, des orifices de drainage peuvent s’avérer utiles lorsqu’il faut évacuer du liquide. Dans d’autres cas, une boîte fermée constitue le meilleur choix.
Il n’est donc pas déterminant d’acheter systématiquement l’emballage le plus solide. Un choix judicieux dépend de la quantité de produit, des exigences en matière de température, de la température extérieure et de la durée de transport prévue.
Les entreprises qui utilisent plusieurs modes d’expédition ont tout particulièrement intérêt à définir deux ou trois concepts d’emballage standardisés : par exemple, une variante pour les livraisons rapides, une pour les envois réguliers en livraison le lendemain et une pour les envois disposant d’une marge de temps plus importante.
Le test estival est plus pertinent que celui réalisé en entrepôt frigorifique
Le moyen le plus fiable de vérifier si le système choisi fonctionne consiste à le tester. Pour cela, un envoi est préparé dans des conditions aussi réalistes que possible et équipé d’enregistreurs de température.
Un appareil de mesure placé juste à côté de l’élément réfrigérant ne suffit toutefois pas. Il est plus pertinent de disposer de plusieurs points de mesure, par exemple au centre de la marchandise et dans une zone soumise à des contraintes thermiques plus importantes.
Le test ne se déroule alors pas à une température agréable de 18 °C, mais si possible dans des conditions correspondant à une journée d’expédition plus difficile. Comment la température évolue-t-elle après 12, 24 ou 36 heures ? Que se passe-t-il si le colis reste plusieurs heures dans un environnement chaud ?
Ceux qui expédient régulièrement les mêmes produits peuvent, à partir de tels essais, mettre au point un processus d’emballage standardisé. La disponibilité fiable des formats d’emballage déjà testés joue également un rôle à cet égard. Cooled Solutions fabrique ses emballages isothermes dans sa propre usine depuis 1972 et livre directement depuis son stock. Cela permet, pour les envois récurrents, d’utiliser les mêmes formats de boîtes, plutôt que de devoir redéfinir la configuration à chaque commande.
Trois erreurs faciles à éviter
La première erreur commence avant même l’emballage : les produits restent trop longtemps hors de la chaîne du froid. Même une glacière de haute qualité ne peut pas compenser une température initiale trop élevée.
Le deuxième problème est une mauvaise estimation du temps. En ne tenant compte que du délai officiel d’acheminement du colis, on oublie l’enlèvement, le tri, la tournée de livraison et les retards éventuels.
La troisième erreur consiste à préparer l’emballage au feeling. Quelques éléments réfrigérants supplémentaires, une glacière aussi grande que possible et beaucoup de matériau de calage semblent à première vue suffisants. Cependant, rien ne prouve que la température souhaitée du produit sera réellement maintenue pendant toute la durée du transport. C’est précisément pour cette raison que les envois tests avec mesure de la température sont si précieux.
Conseil : consacrez encore 60 secondes avant l’expédition
La marchandise est-elle à la température de départ prévue ? La boîte est-elle adaptée à la quantité de produits ? Les éléments réfrigérants sont-ils prêts et placés aux emplacements testés ? Le couvercle se ferme-t-il complètement ? Et le maintien de la température prévu est-il suffisant même si la livraison arrive quelques heures plus tard que prévu ?
Ce bref contrôle juste avant l’expédition peut s’avérer plus efficace qu’un emballage sophistiqué dont les différents éléments n’ont pas été coordonnés entre eux.
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